Comment fonctionne la médecine chinoise?

Dans cet article, traduit et adapté d’une série de textes de Chris Kresser (Chinese Medicine Demystified), vous en apprendrez davantage sur le fonctionnement de la médecine chinoise et l’acupuncture.

Comment fonctionne la médecine chinoise (et l’acupuncture)?

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Il n’est pas rare que l’on me demande d’expliquer le fonctionnement de l’acupuncture. Si vous avez déjà fait quelques recherches au sujet de la médecine chinoise, vous avez sûrement été confronté à des termes tels que Qi, méridiens, énergie, essences, etc.  Peut-être êtes-vous un peu confus? Dans cet article, je tenterai dans un premier temps de remettre en perspective certains de ces concepts.

À première vue, il semble que la conception du corps en médecine chinoise et en médecine occidentale soit diamétralement opposée, mais ce n’est pas le cas. Les concepts de base de la médecine chinoise ont été établis il y a de ça presque 3000 ans, ce qui explique en partie l’utilisation de ces termes qui vous semblent un peu mystiques. Or, il est tout à fait possible d’établir des corrélations entre ces concepts et les connaissances que nous avons de la médecine occidentale, et ainsi discuter des effets de l’acupuncture dans des termes biomédicaux plus accessibles puisqu’ils sont plus près de notre culture.

Certains chercheurs remettent d’ailleurs en question la traduction des textes chinois anciens (comme c’est le cas ici), ce qui pourrait potentiellement prouver que les médecins chinois d’il y a trois millénaires avaient déjà une conception du corps humain et de son métabolisme très proche de celle des physiciens modernes.

Notons tout de suite que la médecine chinoise est une médecine fonctionnelle, systémique et holistique, qui considère l’humain dans son entièreté et à travers toutes les relations qu’il entretient: corps et esprit, homme et environnement, les organes entre eux, etc. Dans cette vision, tous les systèmes et toutes les parties du corps sont considérées par elles-mêmes, mais aussi dans la mesure où elles interagissent entre elles. Le but de la médecine chinoise est de rétablir l’homéostasie (équilibre du corps, où il fonctionne de manière optimale dans les limites données par sa constitution) dans l’organisme au complet, de trouver la source première d’un déséquilibre. Ce faisant, seront sollicités et encouragés les mécanismes d’autorégulation et d’autoguérison du corps: le praticien de médecine chinoise a pour objectif d’aider le corps à mettre tout en œuvre pour rétablir lui-même l’équilibre et la santé.

La médecine moderne opère selon des lois différentes, plus cartésiennes. Bien que le but de tout physicien soit à priori de rétablir aussi la santé globale, les moyens employés sont souvent externes au corps: chirurgie, médicaments, etc. Dans une perspective occidentale, le symptôme, c’est la maladie. Le corps est perçu comme une machine composée de parties indépendantes, et chacune est traitée séparément; selon les juridictions des différents professionnels. Si les symptômes disparaissent suite au traitement, la maladie est considérée comme étant contrôlée, même si vous devez continuer à prendre des médicaments pour éviter qu’elle ne se pointe à nouveau le bout du nez! Par exemple, si on vous prescrit un antiacide pour le traitement de vos brûlures d’estomac, les symptômes s’amenuisent tranquillement, ainsi que l’inconfort. Toutefois, êtes-vous vraiment guéri si cela signifie que pour garder l’acidité à distance, vous devez continuellement prendre les médicaments? Et si ces médicaments vous causent des effets secondaires?

Différences fondamentales entre les deux formes de médecines

En médecine occidentale

Le corps est considéré comme un assemblage de parties, que l’on examine et traite séparément. Bien que la prévention par une bonne hygiène de vie prenne de plus en plus de place, la majorité des énergies (et des budgets) servent encore à régler chaque symptôme séparément.

On traite ces symptômes pour eux-mêmes, en favorisant le recours à des moyens externes pour l’éliminer. Le problème sous-jacent sera vraisemblablement toujours présent, mais ses effets ne se feront plus sentir, de manière plus ou moins durable. Alors, localement, un mettre sur pied un traitement qui visera précisément la diminution des symptômes. On fera taire le message de douleur, réduire l’enflure, diminuer les tremblements… mais le déséquilibre de base sera toujours présent, simplement déguisé ou réduit au silence.

 En médecine chinoise

Le corps est considéré comme un tout: toutes ses parties doivent être par elles-mêmes en santé, mais les relations qu’elles entretiennent doivent l’être aussi, ainsi que les interactions entre l’humain et son environnement.

La maladie est la manifestation évidente d’un déséquilibre sévissant dans le corps. Ce déséquilibre est rarement issu simplement du lieu de manifestation du symptôme. Une évaluation est nécessaire pour trouver la source (ou les sources) du déséquilibre: c’est ce qu’il faut traiter. En rétablissant l’homéostasie, en montrant au corps comment prendre en charge le problème, l’équilibre sera rétabli, et les symptômes disparaîtront. Par exemple, si des brûlements d’estomac sont causés par un fonctionnement exagéré du foie, une fois l’équilibre rétabli dans le foie, les symptômes qui se manifestaient à l’estomac disparaîtront d’eux-mêmes.

Le praticien de médecine chinoise met en œuvre des protocoles de traitement qui indique au corps le travail qu’il doit lui-même faire pour atteindre la guérison. Ainsi, par l’acupuncture et parfois d’autres techniques (prise d’herbes, suggestions d’exercices et de diète), on indique au corps le chemin à prendre, quels systèmes mettre en action, pour rétablir l’équilibre par ses propres moyens (une amélioration de la circulation des influx nerveux, la libération d’antidouleurs naturels par le cerveau ou encore d’hormones précises, une augmentation de la circulation sanguine et lymphatique dans une région du corps, etc.).

La médecine chinoise est-elle une panacée?

Non! Il n’est pas ici mon intention de remettre en question le recours à la médecine occidentale au profit de la médecine chinoise pour tous les problèmes de santé, loin de là. Certains problèmes de santé requièrent sans aucun doute le recours à une intervention chirurgicale ou à une médication spécifique. Cette comparaison vise seulement à mettre en lumière les différences entre les deux systèmes de santé, un pariant davantage sur la prévention et une vision globale de l’homme, l’autre plus axé sur le traitement spécifique et ponctuel des maladies et déséquilibres organiques.

Si vous avez toujours des interrogations à la suite de votre lecture, n’hésitez pas à nous contacter dès maintenant. Il nous fera toujours un grand plaisir de répondre à vos questions concernant la médecine chinoise.